[Pichenettes Ciné-club] Paulo Anarkao (2007)

Projection du mercredi 24 mai en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)

Synopsis : Gérald filme ses retrouvailles avec son père, Paulo Anarkao.

Fiche technique :
Réalisation : Gérald Touillon
Pays : France profonde
Durée : 1h27

La première fois que j’ai vu Paulo Anarkao, c’était dans un bar associatif du 7e arrondissement de Lyon, un petit paradis sur terre dans lequel je passais mes journées et mes nuits au lieu d’aller bosser mon mémoire. Si la note dudit mémoire s’en est ressentie, je garde de cet endroit d’impérissables et heureux souvenirs.
Ce mardi soir pluvieux, personne dans le bar, hormis le serveur et deux clampins (dont moi) qui n’avaient rien de mieux à faire. Allongés dans les canapés miteux, la pinte sur la table, on a maté un film sans savoir à quoi s’attendre. C’était les conditions parfaites pour découvrir ce personnage haut en couleurs, à la limite d’être une légende, qu’est Paulo Anarkao.

Gérald Touillon, qui signe son film par son simple prénom, dans une police douteuse incrustée dans l’image avec un logiciel bon marché, nous explique par un intertitre tout aussi crado qu’il est parti à la rencontre de son père, qu’il connaît peu, un vieil anar ancien saltimbanque. Pendant son séjour, Gérald va filmer chaque instant passé en compagnie de son père, tantôt maladroitement mais généreusement mis en scène, tantôt pris sur le vif. Le père le trimballe un peu partout, lui fait visiter l’ancien squat, lui présente ses « copines », lui chante ses chansons réalistes, celles qu’aurait pu écrire Renaud, s’il ne s’était pas arrêté de recommencer à arrêter de boire… C’est que ce Paulo Anarkao est un vrai dinosaure, témoin d’un ancien temps qui fleure bon l’anarchie et le grand n’importe quoi, retiré du monde pour ne pas avoir à supporter la société, pour rester dans cette bulle punk dont il semble être le dernier représentant sur Terre.
Avec ce film, Gérald Touillon a remporté le Brutal d’or au Festival Cinémabrut et est sélectionné pour le festival grolandais de Quend en 2008 (depuis, il est devenu correspondant en France pour le JT de Groland). C’est bien de ça qu’il s’agit, d’art brut, d’humour à la grolandaise, entre punk, politique et trash bon enfant.

Pour sûr, il y a aussi quelque chose de profondément nostalgique dans ce film, surtout depuis que le vieil Anarkao a cassé sa pipe en 2011. Cette même nostalgie qui s’empare de moi quand je passe devant la saloperie de boîte de consulting qui a remplacé mon bar chéri, où j’ai rencontré tant de Paolo Anarkao.

Frrnt

Dessinateur, permis B, nul aux échecs!

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