[Pichenettes Ciné-club] L’attaque de la femme de 50 pieds (1958)

Projection du mardi 24 avril 2018 en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)dans le cadre du festival Les Intergalactiques

Pour cette programmation, la consigne était plutôt complexe : trouver un film libre de droit qui respecte le thème des Intergalactiques de cette année : représentation de la femme dans la science fiction. Bon, ce n’était pas une mince affaire mais le choix s’est rapidement porté sur ce petit bijou de la série B, L’Attaque de la femme de 50 pieds, de Nathan Juran.

Le synopsis : une femme bafouée, trompée par son mari, rentre d’un séjour à l’hôpital pour avoir tenter de diluer sa détresse dans l’alcool. Elle va rencontrer, un soir où elle fuit son mari qui lui préfère sa maîtresse blonde, un ovni visible sous la forme d’une sphère rouge et d’un homme géant, et elle va elle-même devenir géante afin de se venger des deux tourtereaux.

Si tu n’aimes pas la série B, passe ton chemin camarade. Car, si le synopsis, et surtout l’affiche donne envie, la réalisation et les effets spéciaux sont très clairement dramatiques. Je n’ose imaginer combien de kilos de carton-pâte ont été utilisés. Sans parler de la pauvreté des effets pour faire paraître Allison Hayes géante. Les plans sont souvent ratés, le réalisateur ne connaît visiblement pas la suggestion et montre trop ou pas assez. Bref, aucune déception, on entre bien dans le classique de la série B et de son budget ne permettant rien ou si peu.

Pourquoi voir ce film alors ? Parce que, même si l’hystérie de Allison Hayes peut paraître complètement ridicule, il est assez jouissif de voir l’image de la ménagère américaine se prendre et donner des coups. Cette femme au brushing impeccable et à la jupe droite trouve enfin le moyen de se venger (et pire encore) de son mari parfaitement dégueulasse. Notons d’ailleurs que sa tenue de vengeance sera des sous-vêtements.

Ce qui est d’ailleurs intéressant, ce n’est pas tant la partie SF du scénario mais tout le reste : la détresse de cette femme, l’adultère qui ne se cache pas, l’hystérie supposée des femmes, le sexisme ordinaire. Alors oui, c’est mal joué, oui, c’est mal réalisé. Mais bon, dans un monde où les femmes n’ont que rarement le premier rôle, on sait se contenter de peu !

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