Pourquoi je vote Hollande

A la veille du premier tour, j’ai eu envie de résumer les raisons qui vont me faire voter pour François Hollande dès le premier tour. Et donc de les partager avec vous.

Parce qu’il faut en finir avec Sarkozy

Evidemment, en premier lieu, voter, c’est éliminer. Eliminer ce qui est intolérable, l’extrême-droite ou apparentés, les trotskistes ringards, les complotistes… Et surtout, éliminer le sortant. Son quinquennat, tout comme sa participation au gouvernement précédent,  aura montré ce que la droite est devenue. Coupée du monde, considérant que la classe moyenne vit dans le 15ème, que le Fouquet’s est une brasserie populaire, que Zadig et Voltaire est un livre, que la casquette est un symbole musulman et qu’un bouclier fiscal est une mesure sociale. Ce gouvernement n’a même pas mené une politique libérale, mais une politique clientéliste, organisée par et pour l’entourage direct du président, fait de starlettes, d’héritiers  et de flics. Voter Hollande, c’est ne plus voir avant longtemps Nadine Morano, Frédéric Lefebvre ou Claude Guéant.

Parce qu’une démocratie qui ne pratique pas l’alternance est une démocratie moribonde.

Au-delà du simple rejet de Sarkozy, il y a une évidence de la démocratie, l’alternance. Il n’est pas sain que la droite tienne le pouvoir depuis si longtemps. Même si la France est un pays structurellement conservateur et que, depuis un siècle, les gouvernements de gauche sont rares, il est important de rappeler que l’alternance est la respiration des institutions démocratiques. Même le meilleur se sclérose au contact du pouvoir et les meilleures intentions se transforment vite en autoritarisme si le peuple ne rappelle pas de temps à autre que le pouvoir lui appartient, à lui-seul.

Parce qu’une politique d’austérité nous mène droit dans le mur

Certains l’expliquent mieux que moi[1], mais une politique d’austérité ne peut en aucun cas nous sortir de cette crise, pas plus que des mesures sociales sans fondements (genre interdire les licenciements ou augmenter les salaires artificiellement). François Hollande propose un programme économique cohérent, structuré autour d’une réforme fiscale d’envergure, d’une réduction de la dette crédible qui ne porte pas uniquement sur les classes moyennes, notamment en régulant la finance et le système bancaire, et surtout d’une politique de soutien à la croissance, en aidant l’emploi et l’insertion des jeunes (par ailleurs mon travail, ce qui ne gâche rien), en soutenant les PME et en recherchant l’investissement dans le logement, la santé et l’éducation, les fondements de la gauche.

Parce que l’Europe nous protège et nous rend plus fort

Les mensonges autour de l’Europe sont en train de la détruire. Entre ceux qui prétendent chercher une Europe plus sociale et qui ne font qu’empêcher sa construction et les réactionnaires qui ne s’en servent que comme excuse à leur incompétence, le rêve européen va finir par tomber en ruine. L’arrivée au pouvoir d’un européen convaincu, d’un hériter de Delors peut permettre de redonner l’élan que 10 ans de politiques d’austérité et de dérèglementation ont coupé. Il est temps que l’on rappelle que ce sont les politiques qui font l’Europe, pas l’inverse.

Parce que l’écologie est un complément d’une politique sociale, pas une finalité.

J’ai toujours eu une sympathie pour les Verts, notamment parce qu’ils ont été les seuls à représenter pendant longtemps la deuxième gauche. Cependant, il serait temps qu’ils comprennent que l’écologie ne peut être le fondement d’un engagement politique. Cependant, ils seront les partenaires idéaux d’un gouvernement socialiste, pour leur rappeler l’importance de la vision sur un long terme, pour leur servir d’aiguillon sur une autre gauche que celle du PC, pour influer sur les changements de société nécessaires. Et puis, disons-le, je crois qu’Eva Joly fera une excellente ministre du budget.

Parce que je crois au contrat plus qu’à la loi

Pour finir cette profession de foi, je répondrai Jean-Luc Mélenchon, qui pense que la loi est la seule garantie d’une politique juste, car c’est là le grand point d’achoppement entre les différentes visions de gauche. La loi est l’arme des autoritaires, de ceux qui ne connaissent pas le terrain, de ceux qui ne voient le monde que comme un rapport de force. Et finalement, cela le rapproche de Sarkozy, qui lui aussi utilise la loi pour tout et n’importe quoi. Jean-Luc Mélenchon cite toujours Robespierre et Saint Just en référence. Jacobins, centralistes, autoritaires. J’ai toujours préféré Condorcet, Buzot, Brissot ou Vergniaud. Comme eux, je crois à la négociation plus qu’au coup d’éclat. Je crois que la démocratie ne peut fonctionner que dans un climat apaisé où chacun recherche le bien commun. Je crois à la décentralisation pour lutter contre les inégalités de terrain, je crois à l’expérimentation, à la prise de risque, à l’initiative locale, au refus des contraintes.

Bien entendu, voter Hollande ne résoudra pas toutes les difficultés actuelles. Peut-être même qu’il ne tiendra pas ses promesses, mais c’est le risque de la démocratie. Et puis, la force de ce vote, c’est que la promesse nous appartient, puisque ce sera par la lutte et la négociation que l’on rendra les choses possibles. François Hollande ne promet pas la lune mais un changement raisonnable. Ce qui est beaucoup plus crédible.


2 commentaires

  1. p’tain Denis, tes visions politiques on s’en branle…mezy plutôt la vidéo de ta gonzesse en train de se faire prendre par ta pomme, on sera plus nombreuses à apprécier. Le reste, c’est du smili journalisme à 2 euros. Détend du gland, te t’assure…

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