Le point G

Le point G comme le point G, orgasmique. Oh oui ! Mais pas ici.
Le point G comme Godwin. Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de un, ladite comparaison prenant alors le nom de point Godwin. C’est alors le signe que la discussion est devenue stérile. Notre sujet a une parenté avec le point Godwin mais ce n’est pas la même chose.
Le point G comme Gargamel, tel est notre sujet. Gargamel, c’est le méchant. Tellement méchant, qu’il ne faut plus réfléchir, tergiverser et du coup immédiatement et automatiquement voter Macron.
Macron, le tueur de Gargamel. Pourquoi lui ? Parce que François Bayrou le dit. Plus sérieusement, parce que les sondages le disent. Oui, oui, c’est ce qu’il y a de plus sérieux. Macron et En Marche ! n’ont pas de base électorale parce qu’ils n’ont jamais présenté la moindre candidature à quoi que ce soit. Les ralliés (Bayrou, Collomb, Delanoë, de Rugy…) n’ont jamais gagné une élection nationale, ne se sont même jamais approchés du deuxième tour. Ne restent donc que les sondages, leurs erreurs passées, leurs listes de candidats approximatives, leurs corrections scientifiques des données recueillies, leurs marges d’erreur…

Certains comme Patrick Braouezec (ex-PCF, élu de Saint Denis) demandent de voter Macron à la présidentielle pour mieux ne pas voter pour lui aux législatives. Comment ceci peut-il être interprété de la part de ceux qui attendent légitimement que le politique apporte des solutions à leurs problèmes? Attendez, vos problèmes ne sont pas la priorité, il faut faire barrage à Gargamel, ensuite, nous pourrons peut être éventuellement nous occuper de vous.
Le point G c’est accepter que la peur tienne la première place en politique.

16 mars 2017

La peur, c’est le terrain du Front national. L’envahissement, les étrangers qui prennent le travail et la place des bons Français, c’est le discours du FN. Ayez peur, tout s’aggrave votez pour nous. Comment peut-on envisager lutter et gagner sur ce terrain là ?
Le point G, c’est refuser le débat d’idées. N’est-ce pas là précisément où il y aurait la meilleure opportunité de prendre l’avantage sur le FN ? Soyons charitables, considérons que Ménard n’est pas le Front national. Les authentiques maires FN se distinguent par leur politique axée sur les pots de fleur et la suppression de subvention aux associations jugées proches de l’opposition. Pourquoi ne pas parler idées et avenir avec le FN ? Qui sait, la démonstration pourrait être décisive et éloquente.
Le point G, c’est s’empêcher de parler d’avenir. Gargamel, Gargamel, Gargamel. La présence au deuxième tour de Marine Le Pen poserait un énorme problème. Elle signifierait à une importante part de la population du pays qu’elle n’est pas la bienvenue en France et la placerait au banc des accusés. Accusés de tous les maux, injustement. Elle instaurerait une détestable atmosphère de bagarre, d’exclusion et d’invective. C’est certain mais ne parler que de Gargamel vient à omettre d’autres problèmes vécus au quotidien par bon nombre de français : le chômage et les difficultés de la vie pour les foyers à bas revenus en général. Faire de la politique, c’est parler à tous, y compris à ceux qui souffrent.
Chercher à convaincre passe par une minimisation de l’importance des sondages. On ne peut pas convaincre en adaptant son programme en fonction des sondages d’opinion. Il n’est pas possible de convaincre en montrant que la priorité des priorités est de gagner l’élection pour obtenir des places.

Marine Le Pen est un symptôme et un problème. Voter contre elle pour voter contre elle ne peut que changer le calendrier. Ce n’est pas une solution, c’est un refus d’affronter le problème.

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