La révolte d’un frère

Bouleversé d’émotion, l’un de nos fidèles lecteurs nous fait parvenir cette lettre du coeur.

Mon frère,

Toi que j’aime tant, autant que je puisse aimer quelqu’un d’autre que moi en tout cas. Je viens d’apprendre la terrible nouvelle.

Bien sûr, à travers toi, c’est moi qui suis visé et c’est pour ça que je t’apporte tout mon soutien. Comme ont-ils osé nous faire ça à nous ? C’est vrai, j’ai occupé tant de postes importants, effectué tant de réformes audacieuses que je me suis fait beaucoup d’ennemis.

Je t’écris pour te remonter le moral. Il faut que tu voies le côté positif des choses. Au moins, personne ne pourra plus m’accuser de collusion avec toi. Toutes ces insinuations sur ma réforme des mutuelles qui serait liée à ta position à Malakoff Médéric m’épuisaient. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai une casserole en moins à traîner et ça, tu dois t’en réjouir.

Deux choses me révoltent au plus haut point dans notre situation. Ce sont des malotrus de la Mutuelle Générale qui nous ont congédiés de ton poste. Tu te rends compte. Les Sarkozy mis à la porte par des vulgaires fonctionnaires. Quelle honte ! Quelle vermine ! Il faudra en finir définitivement avec cette détestable engeance lors de mon prochain mandat.

Ils te reprochent ton caractère brutal, ta raideur et tes coups de sang. C’est hallucinant. Nous sommes une famille de manager pas de bisounours. Comment obtenir l’obéissance et la soumission sans quelques engueulades quotidiennes ? Il ne savent même pas de quoi ils parlent ces branleurs. Tu vas voir ce que je vais en faire du Flamby en 2017 avec mon croc de boucher. Je l’ ai déjà dit dix mille fois à notre père. Se présenter comme peintre jette l’opprobre sur toute notre famille. Nous sommes des combattants pas des pseudo-intellos avec un pinceau. Il en va de la réputation et de la respectabilité de ma famille.

FrerotsSache que je serai toujours avec toi. Dès mon retour à l’Elysée, j’ai mes priorités : me venger de tous ceux qui ne m’ont pas soutenu, vendre deux millions d’exemplaires du nouvel album de Carlita et te retrouver un poste et une rémunération en accord avec ton nom de famille. Rassure-toi, avec mon nom, tu t’es relevé de ta faillite et de ton éviction du MEDEF, pour qui tu étais trop libéral. Nous nous sommes imposés chez Malakoff-Médéric sans que tu n’y connaisses rien à la mutuelle et au social. Malakoff, c’était quand même le comité des forges, renommé l’Union des Industries Minières et de la Métallurgie (UIMM), tu ne risquais pas d’être trop libéral pour eux. Désormais, ils sont devenus des petites bites qui veulent discuter avec une mutuelle de fonctionnaires. Ils ont oublié de qui tu es le frère. S’ils n’ont pas fait faillite d’ici là, je les ferai racheter par Bolloré. Eh les minables, Canal plus, vous connaissiez ?

Dans ces temps difficiles, tu peux compter sur ton frère. Tu n’as jamais été aussi brillant que moi certes. Tu as multiplié les mauvais choix depuis longtemps. Tu as décidé dès le départ de faire de vraies études dans des écoles de la République. Tu n’as pas voulu te marier par opportunité. Tu vis dans mon ombre et ta femme n’arrive pas à la cheville de Carlita. Il y a trente ans, tu avais même osé dire que tu trouvais les Balkany un peu vulgaires. Mais je suis de tout coeur avec toi et on va tous les niquer.

Ton frère qui t’aime.

Nicolas (2007-2012 ; 2017-à définir).

Le dessin est de Romarix.

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