Une Grossesse Soumise

61aNyd1IbFLMercredi 7 janvier 2015 : parution de Soumission de M. Houellebecq.

Et puis… Et puis…

Dans cinq ans, je le lirai et ce sera drôle.

Et puis… Et puis, j’ai craqué, j’ai acheté, j’ai lu.

De quoi ça parle ?

Le choc des civilisation, c’est-à-dire une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques « politiques », mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu’il appelle « civilisationnelles », dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles. (Wikipedia. Article « Le Choc des civilisations »).

Où en est Houellebecq ?

Comment, lorsqu’on a écrit un livre d’une originalité aussi puissante, qui demeure inouï dans la littérature universelle, comment peut-on continuer à écrire ? La première réponse qui vient à l’esprit est bien sûr : avec la plus extrême difficulté. Et c’est en effet ce qu’on observe, dans le cas de Huysmans. En rade, qui suit A rebours, est un livre décevant, il ne pouvait en être autrement. Page 48.

Qu’est-ce ?

Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant, les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sous soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme dans un mauvais rêve. Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale. Quatrième de couverture.

Oui, c’est ça, mais il ne faut pas le dire comme ça.

C’est une farce. David Pujadas depuis quelques années était devenu une icône, il n’était pas seulement rentré dans le club très fermé des « journalistes politiques » (Cotta, Elkabbach, Duhamel et quelques autres) ayant dans l’histoire des médias été considérés comme d’un niveau suffisant pour arbitrer un débat présidentiel d’entre deux tours, il avait dépassé tous ces prédécesseurs par sa fermeté courtoise, son calme, son aptitude surtout à ignorer les insultes, à recentrer les affrontements qui partaient en vrille, à leur donner l’apparence d’une confrontation digne et démocratique. Page 52. Oui, Houellebecq y va fort parfois. Mais qui peut-il gêner ?

C’est une provocation. « Je ne suis bon à rien ». Page 1.

C’est un roman intitulé Soumission. D’où vient ce titre ? Il n’y a qu’à lire comment Houellebecq explique ce titre pour avoir la preuve que nous sommes dans la farce.

Et alors ? Le choc des civilisations est une théorie bancale, qui ne convainc personne. Le réalisme en prend un coup au passage. Après Houellebecq universitaire qui explore la sociologie dans La Carte et le territoire, voici l’exploration de la géopolitique. Le défi est là : comment faire un roman à partir d’une théorie géopolitique toute pourrie. L’exercice est vachement réussi. Mais l’exercice oblige à parler de personnages aussi inutiles que Jean-Marie Le Pen ou François Bayrou, qualifiés comme convenu d’abruti page 103 pour le premier et de parfaitement stupide pour le second page 153.

Et puis et puis en étalant le sperme sur sa poitrine, elle me raconta qu’elle aimait à en être recouverte ; elle participait régulièrement à des gang bang, le plus souvent dans des boites échangistes, parfois dans des lieux publics tels que des parkings. Page 187.

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