[Pichenettes Ciné-club] The Last Man on Earth (1964)

Projection du mercredi 29 mars en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)


Synopsis : Le docteur Robert Morgan est le seul survivant d’une épidémie qui a transformé le reste de l’humanité en vampires. Depuis trois ans, toutes ses journées se ressemblent : le jour, il parcourt la ville à la recherche de produits de première nécessité tout en empalant avec un pieu en bois les vampires qu’il arrive à débusquer ; la nuit, alors que les vampires sortent de leur refuge, il s’enferme dans sa maison et attend. Un jour pourtant, en pleine lumière, il croise le chemin d’une femme qui, comme lui, ne semble pas avoir été contaminée.

Fiche technique :
Réalisation : Sidney Salkow et Ubaldo Ragona
Scénario : William F. Leiscester et Ubaldo Ragona, d’après l’œuvre de  Richard Matheson
Pays : américain et italien
Durée : 1h26
Distribution : Vincent Price, Franca Bettoia, Emma Danieli, Giacomo Rossi-Stuart

The Last man on Earth, traduit pour la version française par Je suis une légende est la première des trois adaptations du roman de science-fiction de Richard Matheson I am Legend (Je suis une légende), paru en 1954. Suivront celle de Boris Sagal en 1971, Le Survivant (The Omega Man), avec Charlton Heston dans le rôle principal, et celle de Francis Lawrence en 2007 avec Will Smith.
Si la version de 1964 avec Vincent Price n’est pas la plus pêchue – le personnage qu’il campe est un homme d’âge mûr fatigué et déprimé qui ne court pas bien vite et qui manie très modestement les armes – ni la plus dynamique – qu’on ne s’attende pas à des courses poursuites saisissantes d’angoisse et de sueur ou à une succession de plans épileptiques crachés à la caméra-mitrailleuse (on est davantage du côté des plans séquences étirés en longueur) –, elle est cependant la version la plus proche de l’œuvre d’origine, qui reprend de la manière la plus fidèle son message de fond : celui d’une altérité exacerbée, entre celui qui reste des hommes du passé et ceux à venir. Le film, récit d’un monde post-apocalyptique, recréé par ses ambiances toute la vacuité d’un monde finissant à réinventer et marque l’avènement d’une nouvelle ère, où les vampires – ou morts-vivants – sont la nouvelle donne.
L’homme tel qu’il était n’est plus – si ce n’est ce dernier spécimen qui reste terré dans sa maison, immunisé contre l’épidémie qui a ravagé l’espèce humaine (ou qui l’a changée pour le dire autrement). Car c’est là le point de vue de Richard Matheson repris par les réalisateurs : pourquoi l’homme, puisqu’il n’en reste qu’un, devrait être la norme, l’entité juste, celle bonne à sauver, bonne à exister, alors que tous les autres se sont mués en quelque chose de nouveau, auquel il n’appartient plus. Le dernier survivant de l’humanité déchue n’apparaît alors plus que comme une petite ombre au tableau, un élément désaccordé à l’ensemble, qu’il faut éradiquer. Celui qui est différent, puisqu’il est désormais le seul, devient la légende, tout comme la minorité marginalisée et terrifiante des vampires est une légende tant qu’elle est contenue, tant qu’elle ne devient pas l’humanité tout entière.
Cette manière de voir et d’inverser la vision du monde – c’est-à-dire de considérer les vampires comme les êtres alpha d’un nouveau monde – a fait du roman de Richard Matheson un classique de référence établissant une nouvelle mythologie des morts-vivants. Le film, fidèle à cette première idée, aura largement inspiré à travers ses recherches visuelles et thématiques des œuvres comme La Nuit des morts-vivants de Romero.

Aujourd’hui, en plein zombie mania, et n’en déplaise aux amateurs de Walking Dead, cette réflexion relative à l’altérité disparaît plus ou moins, dénaturée ou asphyxiée par les tartines d’hémoglobine propres à l’esthétique des films d’horreurs modernes, reléguant ces êtres étranges, chantres hideux et dérangeants d’un nouveau monde, à de la chair à pâtée, vaste décorum sanguinolent au service de la sensation sans fond.

2 commentaires

  1. Les sous-titrages de cette série sont les pires que j’ai jamais vus. Charlotte Laumond et Cinéphase massacrent la langue française quasiment à chaque épisode, entre coquilles pas corrigées, faute de relecture, non-sens, conjugaison approximative et fautes d’orthographe. Un bâclage complet, du travail d’amateur.

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