[Pichenettes Ciné-club] Terra em transe / Terre en transe (1967)

Projection du mercredi 26 avril en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)

Synopsis : A Eldorado, pays imaginaire d’Amérique du Sud, Paulo Martins, à l’agonie, revoit sa vie et, revit dans une représentation allégorique le Coup d’État de 1964 au Brésil.

Fiche technique :
Réalisation : Glauber Rocha
Scénario : Glauber Rocha
Pays : Brésil
Durée : 1h55
Distribution : Jardel Filho, Paulo Autran, José Lewgoy, Glauce Rocha, Danuza Leão, Hugo Carvana, Paulo Gracindo

Si aujourd’hui, nous pouvons vous diffuser Terre en transe, c’est grâce à notre rédac’chef, ou plutôt son cerveau/compagne, Hélène. Glauber Rocha est son grand-père. Elle nous a beaucoup et souvent parlé de ces films et j’ai un petit crush pour ce réalisateur puisque je dois mon prénom à une actrice qui partagea un bout de chemin avec lui, Juliet Berto. Mais trève de personnel, passons au coeur du sujet, le film.

Terre en transe ne parle pas de politique mais de l’engagement politique. Ce qu’il signifie, ce qu’il implique. Aujourd’hui, plus que jamais, il est important de se questionner sur l’engagement, sur le vote, sur la citoyenneté de chacun. Et Glauber Rocha nous invite à le faire de la manière la plus violente qui soit.

Paulo Martins, notre héros aussi positif que négatif, est un poète, un intellectuel et un militant. Il mettra son engagement au service de deux hommes bien différents : Don Porfirio Diaz, politicien de la capitale, homme des multinationales soutenu par les médias, et don Felipe Vieira, le gouverneur de la province d’Alecrim, leader populiste de gauche élu dans un moment de crise. Toute ressemblance avec des personnages déjà existants est tout à fait fortuite !

Sara, la compagne de Paulo, le convainc de quitter Diaz et sa société bourgeoise, pour soutenir Vieira, ses engagements sociaux, son amour du peuple. Mais ce dernier oubliera rapidement ces promesses électorales, son peuple, les raisons de son élection. Paulo retournera alors vers ses premiers engagements, et vers Diaz, qui lui fera revivre les soirées mondaines. Mais la vacuité de ce monde éclatera au yeux du poète et il se laissera convaincre de mener un dernier combat, plus social mais qui ne l’ai qu’en apparence en réalité. La conclusion de cette histoire étant que :

« La politique et la poésie, c’est trop pour un seul homme »

Ambition personnelle, retournement de veste, Glauber Rocha expose à travers des allégories, et il est vrai beaucoup (parfois trop) de symbolisme, le coup d’état de 1964 au Brésil. Mais son message reste universel et, aujourd’hui, la gauche telle qu’elle est divisée en France est très proche du duel de Terre en transe.

Avec un montage violent et confus, des images durs, une musique parfois agressive, j’ai vécu comme une épreuve de suivre le destin, les pérégrinations, de Paulo. Je n’en dirai pas plus parce qu’il est parfois plus important de vivre l’expérience que de la décrire.

Merci encore à Hélène, et à sa maman, pour nous et vous permettre de voir, revoir, découvrir ce film.

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