[Pichenettes Ciné-club] La guerre par les grands réalisateurs : John Huston et Alfred Hitchcock

Projection du mercredi 11 octobre en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)

Pour cette première projection de la rentrée 2017, nous vous proposons un thème : la guerre par des grands réalisateurs, en l’occurence John Huston et Alfred Hitchcock.

John Huston, La Bataille de San Pietro

Synopsis : film documentaire commandé par l’armée américaine relatif à l’attaque de la ville de San Pietro, entre Naples et Rome, par la 5e armée américaine en décembre 1943.

Le réalisateur retrace point par point la bataille de San Pietro avec un apport important de cartes et de chiffres. Mais la particularité de ce documentaire scolaire est la différence entre le commentaire et les images, et le parti pris de John Huston d’exposer les erreurs de l’armée américaine, jusqu’au bombardement même du village. Les images de la destruction de la ville sont d’ailleurs très choquantes alors que le commentaire se contente d’expliquer comment la ville a été construite.

Alfred Hitchcock, Aventure malgache

Synopsis : À Londres, trois comédiens se préparent à monter sur scène. L’un des trois doit interpréter un officier allemand, mais il ne saisit pas bien les nuances de ce personnage. Alors, son collègue Clarusse lui raconte son histoire, afin qu’il puisse s’inspirer d’un personnage réel.

Alfred Hitchcock signe, un de ces deux seuls films en français. Il s’agit d’un film de propagande de l’armée britannique pour promouvoir l’unité de la résistance française, jusque dans les territoires les plus éloignés. Mais le spectateur retrouve toutes les marques du cinéma de Hitchcock. De l’intrigue à tiroir présente dans les Alfred Hitchcock présente, à l’utilisation des flashbacks, c’est un condensé de Hitchcock. La guerre n’est qu’un prétexte pour développer un court-métrage à suspense.


Alfred Hitchcock, Bon voyage

Synopsis : Le film commence dans un bureau des services de renseignements français à Londres. Un officier du deuxième bureau, assisté de son homologue anglais, interroge John Dougall, sergent de la RAF qui s’est enfui d’Allemagne en compagnie d’un autre détenu, sur les conditions de son arrivée dans la capitale britannique.

Le deuxième film de Hitchcock en français. Celui-ci est très clairement destiné à remonter le moral des troupes en faisant l’apologie de la résistance et en montrant l’entraide qui existe entre les soldats et les civils. On retrouve ici, plus que le suspence, l’humour de situation d’Hitchcock, que l’on peut découvrir dans sa première période de cinéma. Mais aussi, l’importance des détails,  notamment ici avec un jeu sur la langue et sur la nationalité (et comment ne pas penser à Inglourious Basterds lors de la scène du café).

Trois courts de commande, trois prouesses de réalisation, trois films à découvrir. John Huston aura vu par ailleurs son film censuré, et Hitchcock ses deux films porteront la mention à brûler (heureusement, il n’en a rien été). Le patriotisme n’aura rien ôté à la liberté de ces deux réalisateurs.

 

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