Paname Underground, ou comment Pichenettes a encore raté le coche de la hype

Paname Underground, on l’a lu avant même sa sortie, et plus vite que bien d’autres romans entamés reposés puis repris puis oubliés. En bonne chroniqueuse Pichenettes, j’ai dit à tout le monde de le lire, j’ai fait la groupie au lancement au relais de Belleville, j’ai fanfaronné « Mais ouais je vais écrire une chronique » ; et je ne l’ai évidemment pas fait. Aujourd’hui, Zarca vient de se voir décerner le très chic Prix de Flore, et on est super content pour lui. On aurait juste préféré vous dire tout le bien qu’on en pense deux semaines avant. Chronique d’un nouvel échec du calendrier rédactionnel Pichenettes.

Déjà, c’est un roman que l’on n’oubliera pas, et ensuite, il est impossible de le reposer avant la fin. Est-ce un roman, d’ailleurs ? Johann Zarca le « mec de l’underground », fait comme si. Comme si tout était vrai, comme si tout était arrivé – gonzo. Et franchement, il a dû lui en arriver, des aventures, pour décrire ainsi les bas-fonds de Paris.

Quand tu lis Paname Underground, tu sens le souffle de la ville, le bruit du zinc, le goût du sang, la moiteur du sperme ; c’est une errance urbaine au gré des arrondissements, dans une enquête hallucinée dont tu veux savoir le dénouement même si tu sais que tu te fais balader. De Pigalle au 16e, des catacombes aux bistrots, c’est un vrai-faux guide de Paris que dessine Zarca. Et à défaut de dénouer le réel du fantasmé, on prend une grande claque littéraire.

Il faut réviser son argot parigot aussi – l’apprendre en fait !, mais cette langue ultra inventive et profondément déroutante rajoute encore au propos. Zarca, c’est Hubert Selby Jr. qui se prend pour San Antonio. Ou l’inverse. Et ce livre fou se vend, se vole, s’échange. Choisissez votre mode de distribution, personne ne vous en voudra, mais lisez-le.

À noter qu’il est édité par les éditions de la Goutte d’Or, une chouette équipe avec des convictions qui prouve que si on fait les choses bien, on peut avoir du succès, même dans le monde de brutes du livre. Et ça aussi, ça fait plaisir. Ce que Pichenettes leur souhaite à tous : avant même la gloire des salons littéraires, déjà faire passer Beigbeder pour un petit joueur niveau picole ce soir. Flore certes, mais toujours underground.

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