Les 50 albums de l’année 2011 5/5

Avant d’attaquer le top 10, voici, en vrac, quelques commentaires sur l’année écoulée.

En premier lieu, je voudrais remercier l’ensemble de ceux qui m’ont permis de découvrir de la musique cette année et les années précédentes. A commencer par mon magazine de référence actuellement, Tsugi, les sites spécialisés, Pitchfork, Fluctuat et Les Inrocks et les blogs formidables qui m’abreuvent, I Left Without My Hat du non moins formidable Olivier, les Chroniques Electroniques même si je ne suis pas toujours d’accord avec eux, Do Not Touch my Crossfader, La Blogothèque et puis surtout Ocean of Noise, le blog de Gary, sans qui je n’aurai eu le courage de me lancer dans l’exercice. De même, mes ami-e-s et leurs bons conseils musicaux (et même les moins bons) ainsi que tous les participants du Blind Test du Shamrock pour les échanges, les apports et même les moqueries.

Ensuite, une petite remarque sur les albums oubliés de cette liste. Même en choisissant 50 albums, il y a forcément des choix à faire, même sur des bons albums. Citons en vrac St Vincent, Cults, Cut Copy, The Weeknd, Destroyer, Wild Flag, Beirut, Machine Head, Artic Monkeys, The Pains of being Pure at Heart, Lou Lesage ou même Cœur de Pirate. Il y a aussi, malgré tout ce que j’ai pu écouter cette année, les albums que je n’ai pas entendu, dont je n’ai parfois pas encore entendu parler voire que je découvre en tête des tops des différents sites. Cette liste est subjective, et valable uniquement à cet instant t.

Enfin, cette année 2011 aura pour moi été marquée par l’effondrement d’artistes phares, parfois même d’artistes que j’adore. Espérons que cela ne sera que passager. Si tout a été dit sur l’inénarrable Lulu des désopilants Lou Reed et Metallica réunis pour l’un des plus mauvais albums de l’année, comment ne pas s’attrister du médiocre album de Justice, uniquement sauvé par le tube Audio, Vidéo, Disco ou du virage pop sans âme de Florence & The Machine. J’ajouterai le pénible King of Limbs de Radiohead, heureusement remixé avec talents par Fourtet, Nathan Fake, Caribou et compagnie, l’inaudible Femme Fatale Britney Spears (ça ne peut pas finir comme ça ma belle, je t’ai tant aimé), le fond ayant été touché par les Red Hot Chili Peppers. Cette liste pourrait s’allonger de plein d’autres albums quelconques d’artistes pourtant réputés pour leur exigence, tels que REM, DJ Shadow, Coldplay… Je fais cette liste non pas pour vexer les fans de ces groupes, je n’ai d’ailleurs volontairement choisi que des artistes dont j’ai apprécié le talent à un moment ou un autre, mais plutôt pour attirer l’attention sur l’intensivité de la création musicale actuellement et la difficulté de se maintenir dans le mouvement pour un groupe installé. Ainsi, Radiohead a pu, en moins de dix ans et deux albums faiblards, passer de l’avant-garde la plus inventive à la queue du peloton. Bien entendu, rien n’est irrémédiable, mais j’ai désormais peu d’espoir d’être à nouveau surpris par eux.

Après cette longue (désolé) introduction, passons donc au top 10.

 

10 – Fleet Foxes – Helplessness Blues

Les Fleet Foxes sont des orfèvres de la musique. Tout est toujours à la bonne place, la musique est posée, la voix claire, entre murmures et récitation. Le résultat : de la pop-folk efficace. Du Simon & Garfunkel d’aujourd’hui en fait. La guitare est douce, mélodique, amoureusement grattée, les arrangements pointus.  Et quand l’air s’accélère en valse, ça donne la sublime chanson Lorelai.

 

9 – Tyler, The Creator – Goblin

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de Odd Future, collectif de gamins (certains sont encore mineurs) qui désorganise le hip hop de Los Angeles à coup de vidéos chocs et de chansons brutales. Alcool, défonce, skate sont leur quotidien. C’est violent, provocateur et parfois un peu puéril. Mais c’est surtout du très bon hip hop, ce qui commence à se faire rare. Leur leader, Tyler, The Creator, a sorti un premier album payant (toutes les autres créations du collectif sont gratuites) sombre, abrupt, inspiré aussi bien par Eminem que par l’abstract hip hop le plus intellectuel. Paradoxe assumé dans le single Yonkers.


 

8 – Housse de Racket – Alesia

Avec un nom comme ça, ce groupe avait tout pour que je passe au travers, ça pue la hype à plein nez et les petits gamins parisiens qui s’inventent rockeurs. Et pourtant, qu’est-ce que cet album est bon. Instrumentations post-punk, électro ludique, paroles délirantes. Et Philippe Zdar à la production. Forcément ça le fait. Les chansons alternent entre tubes efficaces et délires faussement désuets. Pour illustrer, le très rapide TGV.


 

7 – M83 – Hurry Up Were Dreaming

Deuxième groupe français dans le top 10, comme quoi ! Depuis 10 ans, ce groupe enchaine les albums merveilleux dans l’indifférence presque totale en France. Je les ai d’ailleurs découverts sur un site américain. Cet album n’est certes pas leur meilleur, mais il contient pas loin d’une dizaine de tubes. Dommage donc d’avoir choisi le format double CD et de ne pas avoir juste gardé ces tubes. En attendant, Midnight City est pour moi le morceau de l’année.

 

6 – Modeselektor – Monkeytown

Modeselektor, c’est de l’électro à l’ancienne. Des bits, des basses, et du rythme. Sur cet album soigné, il s’est entouré d’un sacré paquet d’artistes, pour un résultat certes un peu marketing (Thom Yorke) mais franchement excellent, notamment les participants hip-hop (Busdriver, Antipop Consortium). On écoute d’ailleurs Pretentious Friends avec Busdriver.

 

5 – Metronomy – The English Riviera

Tout a été dit sur Metronomy et sur cet album. Encensé par la critique, le public, Metronomy a réalisé l’album parfait, à la fois mainstream et pointu, accessible et original. The  English Riviera ne contient aucune faiblesse, aucun temps mort. Un bijou électro pop qui devrait faire date dans le genre. Profitons du doucereux Everything Goes My Way.

 

4 – The Rapture – In The Grace Of Your Love

The Rapture m’avait enchanté avec leur premier album, merveille électro rock, dance punk comme on dit aujourd’hui. Le deuxième était plus décevant, sans âme. Aussi, je n’attendais rien d’eux lors de cette rentrée. Et puis, j’ai pris une tarte monumentale. C’est dansant, c’est rock, c’est animé, c’est bien foutu… Là aussi, le magicien Zdar est à la production d’ailleurs. Ça fait trois mois que je chantonne leur chanson et j’attends avec impatience de les voir en live au printemps. Pour patienter, écoutons Sail Away.

 

3 – Panda Bear – Tomboy

Quand je pense que j’ai failli rater cet album. J’ai dû passer quelques jours dans un trou noir lors de sa sortie, je ne vois pas d’autres explications. Grand fan d’Animal Collective (le meilleur album de 2009), j’apprécie tout autant le travail de Noah Lennox en solo. Ce quatrième opus est un chef d’œuvre en apesanteur, entre les Beach Boys et Brian Eno. Moins conceptuel que ses précédents albums, mais aussi plus abouti, plus onirique. Difficile de choisir une chanson, donc autant mettre la première, You Can Count on Me, pour vous donner envie d’écouter la suite.

 

2 – The Roots – Undun

Je l’ai dit plus haut, le hip hop ne se porte pas bien, à quelques rares exceptions près. Pire, ses origines populaires s’éloignent et c’est désormais dans des sphères plus intellectuelles qu’on le retrouve. La plupart des grands groupes de l’époque ont sombré dans la pop, voire dans le vulgaire. Et puis, sans coup férir, The Roots ressort un album. Une claque old school que la plupart des tops officiels ne prendront pas en compte, du simple fait de sa sortie tardive. Tant pis pour eux. On écoute Sleep, ambiance soul garantie.


 

1 – WU LYF – Go Tell Fire To The Mountain

Que dire sur cet album? Je me suis pris une tarte lors des vidéos dispersées sur le net depuis l’année dernière. Je me suis pris une tarte à la sortie du premier single. La même à la sortie de l’album. Et puis en live, ce fut carrément brutal (lire d’ailleurs cette excellente chronique sur ce concert). L’engagement politique me parle, le côté rock, punk me parle. Les touches d’indie me parlent. La voix caverneuse du chanteur me parle. Et l’énergie qui se dégage de cette bande de gamins annonce un avenir radieux. WORLD UNITED.

En écoute, We Bros en souvenir d’un grand moment de live.

Pour retrouver le classement de la 20ème à la 11ème place : http://pichenettes.toile-libre.org/?p=780

Pour retrouver le classement de la 30ème à la 21ème place : http://pichenettes.toile-libre.org/?p=747

Pour retrouver le classement de la 40ème à la 31ème place : http://pichenettes.toile-libre.org/?p=721

Pour retrouver le classement de la 50ème à la 41ème place : http://pichenettes.toile-libre.org/?p=675

4 commentaires

  1. Nous sommes enfin d’accord sur Radiohead. Il aura fallu 10 ans, mais ayé. 😀

    (Sinon, The Roots, quel disque. Et j’ai pas réussi à rentrer dans l’univers de Tyler…)

  2. Très bon classement et en plus très varié ! WU LYF en 1er, ça ne me surprend pas en fait. 🙂

  3. Merci merci, plus que complet et la classe de s’être attelé au challenge! Pour bien commencer 2012, je vais faire du rattrapage de 2011!

  4. Il manque Tamer animals d’Other Lives.

    Un texte pour te motiver à l’écouter (si ce n’est déjà fait)

    Lendemain de réveillon. Gueule de bois. Cerveau dans les limbes. Langue en papier de verre. Plus de goût à rien et 400 bornes à me taper. Arras/Nancy au volant de ma Clio. Ma main se dirige vers le lecteur cd, y glisse Other Lives.
    Montée d’adrénaline. Les étoiles brillent. La route s’estompe, le royaume de la mélancolie et des grands espaces apparait. Violons, violoncelles et cordes m’entrainent loin du bitume. Si loin…
    Le Cd en boucle. Fini la fatigue. Besoin d’avancer. De voir plus loin. Halo de grâce. majesté harmonique. Un autre voyage.
    Arrivée. Ma fille dort sur la banquette arrière. Sur mon épaule elle s’abandonne. Cheveux qui chatouillent. Odeur sucrée. Pulsations du cœur.
    C’est décidé. J’achète deux places pour le concert à la Laiterie de Strasbourg le 24 mars. Je veux revivre. Sentir le sang couler dans les veines. Partager en live.
    J’espère, mon pt’it amour, que tu t‘assoupiras sur mon épaule.

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