[Les lundis ciné] Sherlock Holmes et la clef / Dressed to kill de Roy William Neill (1946)

Projection du lundi 9 novembre en partenariat avec le Korova Bar (12 rue Imbert Colomès, 69001 Lyon)sherlockcle

Synopsis
Trois boîtes à musique fabriquées par un détenu sont vendues aux enchères. Le lendemain, le premier acquéreur, un ami de Sherlock Holmes, est tué. Le célèbre détective décide alors de mener l’enquête.

Fiche technique
Réalisation : Roy William Neill
Scénario : Franck Gruber et Leonard Lee
Pays : Etats-Unis
Durée : 76 min
Distribution : Basil Rathbone, Nigel Bruce, Patricia Morison

Pour le dernier opus de la série des quatorze films réunissant Basil Rathbone et Nigel Bruce, nous retrouvons pour la onzième fois Roy William Neill à la réalisation. Plus que d’une « patte », on pourrait parler pour cette saga de recette, qui se clôt en forme d’hommage pour cet épisode des aventures du célèbre détective. Prenez les visages bien connus de Rathbone et Bruce, rajoutez-y l’art et la manière de Neill, des crimes auréolés de mystère, saupoudrez d’une pointe de piquant en faisant intervenir une belle brunette pas très nette, mélangez le tout à une intrigue pas très innovante mais qui fonctionne et l’histoire est huilée et lancée.
Les scénaristes ont effectivement choisi pour cette affaire de clé une intrigue plutôt classique, mêlée à un patchwork de références internes aux aventures précédentes du détective, aux nouvelles littéraires de Doyle (Un scandale en bohème, La cycliste solitaire et la mention de la fameuse Irène Adler, celle qui est « la » femme selon Holmes) et à la réutilisation de mécanismes déjà vus, aussi bien pour ce qui est du suspense que pour la mise en scène drolatique de la relation Holmes/Watson.

Les trois boîtes à musique banales ne valent pas grand-chose les unes sans les autres mais contiennent, rassemblées, un code livré par une mélodie désaccordée. Les oreilles fines sont appelées à se dresser et à noter les coquilles. Cette utilisation d’une « clé » disséminée dans plusieurs objets possédés chacun par de futures victimes – dont la mort met à Holmes la puce à l’oreille – avait déjà été mise en œuvre dans l’affaire des six napoléons dans La Perle des Borgia et dans Sherlock Holmes et l’arme secrète. Le trio de criminels part en quête des objets, éliminant s’il le faut les possesseurs des boîtes, avec Holmes sur leurs talons, qui devra les empêcher d’atteindre leur but, but révélé par cette fameuse clé, qu’on se gardera bien de vous divulguer ici…

On notera pour cette dernière aventure la présence d’un certain dynamisme mené par un trio de criminels mal assortis mais tout à fait complémentaires qui réussira à mettre Holmes un chouia en péril et par l’entremise, au sein de l’histoire, d’un petit compte à rebours qui fera se précipiter bourdes, crimes et interventions du détective.
On relèvera encore, pour finir, cette manière de présenter Watson comme un gros bêta ahuri dont la perspicacité involontaire faite de naïveté maladroite permettra à Holmes de retrouver le chemin de la vérité et de résoudre l’affaire. Ce cher Watson qui s’éloigne un peu de celui de Doyle a quand même pour lui – n’en déplaise aux puristes – le mérite d’être un bon ressort de divertissement et un personnage clé dans cette saga qui visait avant tout à divertir avant que de vouloir être une fidèle adaptation des nouvelles originales de Doyle. En cela, tout le monde fait le job, même si pour cette dernière aventure, les spectateurs auraient pu espérer de la part des scénaristes une aventure plus innovante et triomphale.

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