[les lundis ciné] Sables mouvants/ Quicksand de Irving Pichel (1950)

Projection du lundi 26 octobre en partenariat avec le Korova Bar (12 rue Imbert Colomès, 69001 Lyon)

SynopsisQuicksand2
Dan Brady, mécanicien automobile à Santa Monica, rencontre Vera Novak, une « femme fatale » dont les goûts de luxe conduisent le jeune homme à prendre de l’argent dans la caisse de son patron, Oren Mackey. Poussé également dans l’engrenage du vice par Nick Dramoshag, propriétaire d’une salle de jeux, Dan s’engagera pourtant sur le chemin de la rédemption grâce à son ancienne petite amie, Helen…

Fiche technique
Réalisation : Irving Pichel
Scénario : Robert Smith
Pays : Etats-Unis
Durée : 79 min
Distribution : Mickey Rooney, Jeanne Cagney, Barbara Bates, Peter Lorre

Quicksand fait partie de ces petits films de série B sortis pendant l’âge d’or hollywoodien, à petit budget (les acteurs Peter Lorre et Michael Rooney en ont financé une bonne partie) qui étaient projeté dans les cinémas lors d’un « double programme », quand les spectateurs voyaient deux films pour le prix d’un seul.

Souvent délaissées par la critique, certaines de ces productions n’en étaient pourtant pas moins de bonne qualité. Quicksand n’est pas à proprement parler un bon film noir. Les ressorts employés pour mener l’intrigue sont bien connus et plutôt convenus. Les personnages renvoient à des archétypes et l’histoire en elle-même et son issue ne surprendront personne. On ajoutera, à l’encontre de ce film, qu’il a malheureusement mal vieilli, manquant de rythme dans son action et de subtilité dans le jeu d’acteur. Le style hollywoodien, on aime ou on n’aime pas, mais pour un film qui considère les misères d’un petit mécanicien escroc malgré lui, ça manque cruellement de naturel et de vraisemblance.

L’impression de déjà-vu n’est malheureusement pas atténuée par les personnages qui renvoient à de nombreux clichés du genre : les méchants sont méchants, jamais repus de magouilles et d’argent, la blonde fatale est une vamp qui n’a pour seul désir viscéral que la possession d’un vison et la brunette, incarnée par Barbara Bates, est bien trop gentille et bonne pomme pour qu’on puisse y trouver quelque complexité de personnage apte à satisfaire et surprendre un public averti, coutumier des films noirs. Sa présence à la fin du film et son dévouement inexpliqué pour ce Danny qui l’avait lâchée comme un sac trop vide au début du film pourrait d’ailleurs en agacer plus d’une. Mais le contexte social des années 1950 est là pour faire faiblir notre incompréhension…

On notera quand même avec Barbara Bates, la présence d’acteurs phares de l’époque, à commencer par Mickey Rooney, l’acteur à la carrière à rallonge (commencée à 17 mois en 1922 et terminée en 2014 à 93 ans) qu’on connaît surtout pour avoir incarné le rôle principal de Henri Dailey dans la série l’Etalon Noir dans les années 1990 et qui avait fait de sa petite taille un atout comique, marque de son succès. Le personnage de Danny qu’il interprète ici s’enlise d’une manière maladroite et pas très finaude dans une spirale du crime comme dans des sables mouvants. Tout commence par un innocent petit larcin de 20 dollars dans la caisse du patron pour finir par un crime. A la faveur du film, on notera que la mécanique de l’enlisement de ce pauvre Dan, même si elle n’est pas nouvelle, demeure intéressante. Et tout ça à cause d’une blonde superficielle et vénale dont la transparence de comportement aurait pu mettre la puce à l’oreille à n’importe qui passant par là. Pas très malin le Danny.

Peter Lorr est également de la partie, le maudit de Fritz Lang, qui prête ici ses traits attristés et son jeu lymphatique à un petit escroc de seconde zone, grand profiteur du malheur des autres, qui donne en grande partie son charme au film.
Le réalisateur Irving Pichel, dont le nom n’a plus aujourd’hui grande résonnance, était quant à lui connu comme acteur, notamment pour son interprétation du serviteur Sandor dans La fille de Dracula (1936), et pour avoir entre autres coréalisé avec Ernest B. Schoedsack en 1932 Les Chasses du comte Zaroff.

Du beau monde tout de même pour ce film de série B pas inintéressant mais qu’on qualifiera de mineur.

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