[les lundis ciné] Le Criminel / The Stranger de Orson Welles (1946)

Projection du lundi 14 septembre 2015 en partenariat avec le Korova Bar.

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Synopsis : Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, l’inspecteur Wilson recherche Franz Kindler, à l’origine de l’idée du génocide, dans le petit village de Harper, où il se cache sous le nom de Charles Rankin.

Fiche Technique

Réalisation : Orson Welles

Pays d’origine : États-Unis

Durée : 95 minutes

Acteurs/Actrices : Orson Welles, Loretta Young, Edward G. Robinson

Récompenses : Lion d’or de Venise en 1947

 

Le Criminel est un film quelque peu à part dans la filmographie d’Orson Welles. Lui-même considérait ce film comme une œuvre mineure. Les raisons : le budget, la réalisation classique, le temps de tournage. Orson Welles, connu pour ses frasques, voulait prouver aux studios, et à la RKO dans le cas présent, qu’il pouvait respecter les règles, le budget et le scénario comme n’importe quel autre réalisateur. Et ce fut le cas. Mais les studios amputèrent malgré tout le film, comme pour La Splendeur des Amberson. On retrouve donc les plans et la construction de scénario typique du cinéma Hollywoodien, mais Le Criminel reste un film d’Orson Welles.

Malgré scénario classique, très hitchcockien par ailleurs, le suspense n’étant pas « qui est le criminel caché ? » mais « que va-t-il faire ? », Orson Welles réussit malgré tout à insuffler une vie à ce film. Les objets surtout ont leurs importances : la valise, le jeu de dames, l’échelle. Et, avant tout, la magnifique horloge de l’église. Des petits bonhommes en sortent et se poursuivent, comme Wilson et Kindler, mais aussi comme le destin auquel Kindler ne peut échapper.

Ce qui fait néanmoins du Criminel un classique est sa place dans l’Histoire. Pour la première fois, en 1946, Orson Welles diffuse, sur grand écran, des images documentaires des camps de concentration. Franz/Charles se cache dans la ville de Harper et y a épousé Mary. L’inspecteur Wilson, après avoir découvert Franz, prévient la famille de Mary. Afin de la persuader de la culpabilité de son mari, Wilson décide de lui montrer des scènes de camps de concentration, l’« œuvre » de son mari. L’héroïne se retrouve donc face à l’horreur absolue. Orson Welles parvient à mettre le spectateur à la place de Mary : c’est nous qui regardons ces images et non un personnage du film. La force qui se dégage de cette scène n’a rien de classique et ressemble bien à du Orson Welles.
Et donc, le spectateur de 1946 regarde ces images, celles que nous connaissons maintenant. On peut imaginer que certains les ont découvertes à ce moment-là, dans cette salle de cinéma, dans le noir.

 

Pour aller plus loin : Lien IMDB – Chronique originale sur 1001 films

 

 

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