[les lundis ciné] La Dame du Vendredi / His Girl Friday (1930)

Projection du lundi 12 octobre en partenariat avec le Korova Bar (12 rue Imbert Colomès, 69001 Lyon).la-dame-du-vendredi

Synopsis : Walter Burns, patron du journal Le Morning post, charge Hildy Johnson, son ex-femme et ex-collaboratrice, sur le point de se remarier, de couvrir les dernières heures d’Earl Williams, condamné à mort par pendaison.

Fiche technique :
Réalisation : Howard Hawks
Scénario : Charles Lederer
Pays  : Etats-Unis
Durée : 92 minutes
Distribution : Cary Grant, Rosalind Russell, Ralph Bellamy

Howard Hawks est certainement l’un des plus grands réalisateurs américains, et l’un des plus écléctiques. Et dans La Dame du Vendredi, c’est la comédie qui est mise à l’honneur.

Cary Grant, comme toujours excellent, cherche à convaincre son ex-femme, interprétée par Rosalind Russell, qui démissionne de son poste de journaliste et qui va se remarier, qu’il est l’homme de sa vie et que journaliste est le métier de sa vie. Pour cela, il la convainc de suivre une dernière affaire, les dernières heures d’un condamné à mort. L’action se déroule quasi exclusivement dans la salle des journalistes du palais de justice. Les situations farfelues et les quiproquos se multiplient entre la journaliste, son futur mari, sa belle-mère et son patron. Mais aussi avec les autres journalistes, hommes, qui la confrontent avec « humour » à sa condition de femme.

Ce qui fait pour moi de La Dame du Vendredi est un très bon film se résume en deux points : le débit des dialogues et le sujet dramatique traité.

Pour le premier, j’ai lu qu’Howard Hawks pensait que les dialogues ralentissaient le rythme d’un film. Lors du passage du muet au parlant, le réalisateur décide donc de faire toujours parler les acteurs plus vite naturellement. Dans La Dame du Vendredi, ce système est à son apogée. Non seulement, les acteurs parlent très très vite, mais les dialogues se juxtaposent, certains personnages finissent les phrases des autres, ce qui crée un sentiment de vitesse permanente, de course après l’action.

Et c’est l’action justement et la peinture faite des journalistes qui transforme la comédie en drame, en tout cas sur le fond. Car plus que l’histoire d’amour entre les deux personnages, la critique des médias et du journalisme de faits divers prend au fur et à mesure du film une place de plus en plus importante. En effet, Howard Hawks nous montre, en 1940, des journalistes qui inventent, réinventent, réécrient l’histoire et ses détails, un peu comme un journaliste de BFM aujourd’hui. Toutes les scènes où des nuées de journalistes appellent leurs rédactions pour donner un scoop, sans se soucier de l’escalade burlesque que cela représente, apportent selon moi des pistes de réflexion sur ce qu’est, a été, et sera le journalisme.

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