[Les lundis ciné] Chantage / Blackmail de Alfred Hitchcock (1929)

Projection du lundi 23 novembre en partenariat avec le Korova Bar (12 rue Imbert Colomès, 69001 Lyon)

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Alice White, fiancé d’un jeune inspecteur, Frank Weber, rencontre un artiste Mr Crewe avec lequel elle flirte. Quand il tente de la violer, elle le poignarde. Frank, chargé de l’enquête, découvre qu’elle est coupable de ce meurtre. Lorsqu’il la confronte, ils se font prendre par un inconnu qui va exercer sur eux un chantage.

Fiche technique
Réalisation: Alfred Hitchcock
Scenario: Charles Bennett
Pays : Royaume-Uni
Durée : 84 min
Distribution: Anny Ondra, John Longden, Donald Calthrop, Cyril Ritchard

Dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock, de nombreux films sont des premières (en termes d’effet de réalisation, de production…). Chantage est une première très importante dans l’histoire du cinéma : le premier film parlant britannique. Cependant, Chantage ne se destinait pas à l’être. Tourné par Hitchcock en muet, la production lui propose ensuite de faire une version parlante. Donc, les moyens techniques d’aujourd’hui n’existant pas, de retourner des scènes en version sonore. Et plus exactement, certaines scènes.

Chantage est donc une œuvre hybride. Après la longue séquence de démarrage en muet, les premiers dialogues interviennent. Ils semblent irréels car il n’existe pas encore de post-synchronisation. Alors que le monde du cinéma est réticent au parlant, convaincu que le son tuerai le cinéma, Hitchcock comprend qu’il peut utiliser les dialogues et surtout l’ambiance sonore comme un supplément au suspense. Ainsi, la scène où une cliente du magasin des parents d’Alice répète le mot « knife » avec, en gros plan, une Alice qui se décompose totalement, met le spectateur dans un état de tension. Les scènes muettes conservées offrent à ce film un silence nécessaire et ajoutent au suspense autant que les scènes retournées parlantes.

Hitchcock met également de nouveau quelques éléments particuliers de réalisation en place. Le plan sur les escaliers vus en plongée, les passants en surimpression tels des fantômes. Quant au scénario, il est, là aussi, conforme à l’œuvre hitchcockienne. La superposition de deux histoires, le chantage, l’opoosition entre l’amour et le devoir, la blonde, les oiseaux, le jeu des lumières. Bref, si vous connaissez un peu Hitchcock, il n’y aura aucun dépaysement. Et sûrement pas dans la course poursuite finale, au British Museum, avec une chute dont Hitchcock garde encore le secret.

 

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