Le retour de Mercure liquide

evenement-mercure11Certains d’entre vous connaissent peut-être la très fameuse revue d’art lyonnaise intitulée Mercure liquide. Initiée en 2004 par une bande d’allumés, elle se présentait comme un « support graphique et littéraire indépendant ». Entendez par là que la revue n’était pas là pour surfer sur la vague, qu’elle parlait des artistes qui lui plaisait, qu’ils aient une actualité ou non, qu’ils soient très connus ou juste émergents… Un concept assez simple en somme, mais qu’on voyait assez rarement. Puis, dix numéros plus tard, en 2009, la revue s’éteignit. Pourquoi ? Comment ? Ce n’est pas très important et, d’ailleurs, tout le monde s’en fout. N’empêche qu’en cinq ans, Mercure liquide avait réussi le pari de s’imposer comme une petite référence tant à l’échelle lyonnaise qu’au niveau national.

Aujourd’hui, sous l’impulsion de François Desautels, un des fondateurs de la revue, de Rodolphe Bessey, de Sylvie Milczach et d’une poignée de crowdfunders qui ont permis de réunir les 3500 balles nécessaires, la revue Mercure liquide publie son onzième numéro. Nouvelle mouture, nouvelle maquette, nouvelle ligne éditoriale, Mercure liquide entend désormais se concentrer davantage sur l’aspect graphique que sur l’aspect littéraire. Au sommaire de ce nouveau numéro, des présentations d’œuvres et des entretiens d’artistes, huit au total. Parmi eux, Bullit Ballabeni, Romain Lardanchet, Mélanie Scheurer, artistes de la région, pour ne citer qu’eux (les autres sont très bons également). Nous vous laissons le soin de chercher leur travaux sur les Internets pour constater que oui, l’art contemporain ne consiste pas qu’en un alignement de pelles sur un mur ou le gonflage d’un sapin de Noël géant qui fait frémir d’impudeur quelques bigotes décaties encartées au FN.

Précisons quand même que pour une simple revue élaborée par des bénévoles, Mercure liquide tient beaucoup du livre d’art de collection. Pour quinze euros les soixante-douze pages, on ne s’attendrait pas à autant d’efforts déployés : la mise en page est soignée, les reproductions sont magnifiques. Y’a pas à dire, c’est du travail de pro. Alors pourquoi hésiter plus longtemps ? Mercure liquide, c’est l’amour du travail bien fait, la recherche de la qualité, c’est aussi une poignée d’artistes que vous verrez pas au musée ou sur les ronds-points de Villefranche-sur-Saône, des artistes qui ont quelque chose à dire et qui le font bien.

« Bon, c’est bien joli toute cette promotion pour la revue de tes potes mais on l’achète où ? », me direz-vous. Je répondrai – en ignorant la pique – que Mercure liquide est pour le moment disponible à l’achat sur le site Internet de la revue : www.mercureliquide.com. C’est aussi sur ce site qu’on découvrira les réalisations des artistes publiés ainsi que les anciens numéros archivés numériquement et, bientôt, une galerie d’art en ligne. Là encore, vous verrez qu’on a affaire à un site soigné, qui montre le professionnalisme et l’enthousiasme des instigateurs de la revue. Des hommes et des femmes motivés, déterminés et talentueux, comme on aimerait en voir plus souvent.

N.B: Comme vous pouvez le lire sur l’affiche qui reprend le travail de Raphaël Lacoste (au sommaire de ce numéro 11 et directeur artistique des jeux vidéo Assassin’s Creed et Prince of Persia, soit dit en passant), une soirée de lancement est prévue le vendredi 30 octobre au Studio Eric Saillet, 31 rue d’Anvers, dans le 7e arrondissement de Lyon. Pour signifier votre présence, écrivez à revuemercureliquide@gmail.com.

Frrnt

Dessinateur, permis B, nul aux échecs!

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