[Pichenettes Ciné club] Dementia 13 (1963)

Projection du mercredi 22 juin 2016 en partenariat avec le Périscope (13 rue Delandine, 69002 Lyon)

Synopsis

p3677_p_v8_aaLouise est l’épouse de John, l’ainé de la famille Haloran, riche famille habitant un château en Irlande. La mort accidentelle de John pousse Louise à s’imposer dans la famille, en cachant la mort de John afin de trouver un moyen de récupérer l’héritage. Mais, la famille Haloran, autour de la mère, est toujours sous le choc de la mort de la jeune soeur et d’étranges phénomènes commencent à avoir lieu.

Fiche technique
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola, Jack Hill
Pays : Etats-Unis
Durée : 75 min
Distribution : Luana Anders, Patrick Magee, Eithne Dunne, Bart Patton   Production : Roger Corman, Marianne Wood

Si Francis Ford Coppola n’était pas devenu le réalisateur multi-oscarisé, multi-palmedorisé, Dementia 13 ne serait certainement plus en circulation.

En 1963, Francis Ford Coppola fait partie des équipes du (grand) (très grand) Roger Corman. Celui-ci cherche à produire un film à très petit budget. C’est le scénario de Coppola qui en bénéficiera. Roger Corman lui met donc à disposition quelques dollars, probablement des restes de bobines, les acteurs du film qu’ils sont en train de tourner ensemble et les moyens lui restant, tant que cela de remet pas en cause l’avancement du tournage de The Young Racers. Et, même si le scénario est co-écrit par Coppola, les thématiques de la cellule familiale déchirée, le goût du gore et les massacres sont des idées de Corman. Ainsi va naître Dementia 13.

Il est toujours intéressant de pouvoir voir ce qui reste des premiers essais des grands réalisateurs. Certains court-métrages ou films à petit budget survivent. Certains sont de petits chef d’oeuvre très prometteurs. Pour Coppola, Dementia 13 est souvent considéré comme son premier film car c’est le seul que l’on peut encore trouver (même si son porno soft, The Bellboy and the Playgirls, est trouvable après quelques recherches et s’arrache chez les collectionneurs).

Si vous aimez les séries Z, le cinéma bis, celui que l’on ne projette que rarement, entrez, la porte est grande ouverte. Vous ne verrez pas un chef d’oeuvre, vous ne verrez peut-être même pas un bon film. Vous verrez les premières traces d’un grand réalisateur. Vous verrez des plans qui vous rappelleront Le Parrain, un personnage ressemblant à Corleone, du sang sorti de Dracula, les fantômes de Twixt, des cadrages d’Apocalypse Now.  Vous verrez à quel point Coppola est inspiré du cinéma d’horreur de l’époque. Que ce soit Psychose ou La maison du Dr Edwardes de HItchcock ou Carnival of souls (que vous avez pu voir récemment si vous suivez ce ciné club), les références sont nombreuses.

Mais, vous verrez un réalisateur apprivoiser la caméra, apprendre la lumière (bon, à ce moment-là, il lui reste beaucoup à apprendre dans le domaine), découvrir le montage (vous vous souviendrez sûrement de la scène du premier meurtre). Dementia 13 est à voir pour cette unique raison : voir comment l’on peut partir de rien et devenir l’un des plus grand réalisateurs américains.

 

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